Plagiant au pixel près Oblivion, Thief 3 ou Diablo 2 – sans que le distributeur ne remarque quoi que ce soit –, un jeu d'aventure PC devient la risée des joueurs. Une affaire incroyable, touchant presque au tragique pour les "copains de bistrot" créateurs du titre.
Le titre, un jeu d'aventure pointez-cliquez à l'ancienne sur PC, était jusque-là passé complètement inaperçu chez les joueurs, un deal de distribution avec l'éditeur européen G2 Games n'ayant apparemment résulté qu'en une sortie ultra-confidentielle sur ce territoire en septembre dernier. Ce n'est que la semaine dernière, lorsque le site GamePlasma obtient une copie de test en prévision d'un lancement imminent sur le marché américain, que le scandale éclate. Le testeur repère ainsi des similitudes troublantes entre les graphismes de Limbo of the Lost et ceux d'Oblivion, le jeu de rôle de Bethesda Software. Vérification faite, les similitudes se révèlent en fait être du plagiat pur et simple : textures et architectures sont strictement les mêmes, même les tableaux ornant les murs sont également présents tels quels. Les fouineurs du forum NeoGAF s'emparent alors de l'affaire et découvrent que la liste des "emprunts" est très, très loin de se cantonner à Oblivion : le titre fait également usage d'environnements directement importés de Thief : Deadly Shadows, Unreal Tournament 2004 ou Painkiller, jusqu'à des pièces d'armure et des éléments graphiques copiés de Diablo 2, Morrowind ou même des bordures des fonds d'écran officiels World of Warcraft.
Le hold-up spectaculaire de Majestic Studios, les "créateurs" anglais du titre, provoque évidemment la stupéfaction dans le milieu gamer internaute, à tel point que le jeu (ou plutôt le méta-jeu) devient très vite l'étude minutieuse de toutes les photos d'écran et vidéos diffusées publiquement, devinette géante consistant à retrouver l'origine réelle du moindre bibelot. Le site Rock, Paper, Shotgun organise par ailleurs un concours hilarant consistant à injecter le héros de Limbo of the Lost dans les univers de jeu vidéo les plus improbables (mention spéciale au lecteur ayant choisi la classique aventure textuelle Zork I). Mais l'aspect le plus intéressant de cette affaire est probablement la relative facilité avec laquelle le titre a pu tromper son monde jusque-là. Il aura fallu en effet dix mois avant que la supercherie ne soit découverte, dix mois durant lesquels un test du jeu a été écrit sur le site Just Adventure (certes pas vraiment spécialisé gamer), test plutôt clément puisque Limbo of the Lost y avait récolté un 'B'. L'article est aujourd'hui précédé d'un addendum dans lequel l'auteur présente ses excuses – et change la note du test en un déjà beaucoup plus sévère 'F'. Même Tri Synergy, l'éditeur américain du titre, n'y a vu que du feu. Ce n'est qu'à l'apparition des comparaisons compromettantes sur Internet que la société s'est dite "toute aussi choquée que les joueurs" et a décidé l'abandon de la distribution du titre. "Nous n'avons eu connaissance de ces similitudes à aucun moment durant nos négociations avec Majestic Studios," s'est défendue la société.
Bien sûr, le phénomène a une explication simple : on a là affaire à des jeux de niche, distribués par des éditeurs de niche, quasi-invisibles pour la très grande majorité du public joueur et la presse spécialisée. D'où une question troublante : combien de titres se faufilant régulièrement sous les radars se rendent coupable de tels emprunts plus ou moins prononcés ? En ce qui concerne Limbo of the Lost, en revanche, une question est sur toutes les lèvres : comment l'équipe a-t-elle pu imaginer qu'un braquage d'une telle envergure puisse passer ? Certains visualisent une bande d'arnaqueurs ayant littéralement pris l'oseille avant de s'envoler vers une quelconque ile paradisiaque. Mais un article du journal local du comté de Kent, Angleterre (d'où est originaire l'équipe) offre un tout autre spectacle. Sur la photo, pas de jeunes loups aux dents longues mais des "copains de bistrot" la quarantaine plus qu'avancée réalisant enfin un vieux rêve ; le développement du titre avait en effet démarré au début des années 90 sur Atari ST, puis Amiga, avant d'être abandonné, ces deux marchés s'étant écroulés prématurément. Ce fiasco regrettable serait-il à mettre sur le compte de la naïveté, d'un désir honnête de tenir une promesse faite il y a plus de quinze ans, quitte à utiliser les moyens du bord ? Le trio, en tout cas, faisait preuve d'un optimisme touchant. "Notre espoir, si tout se passe bien côté ventes, est de pouvoir quitter nos boulots et de passer à plein temps au développement de jeux vidéo d'ici un an," projetait déjà l'un d'entre eux.
[Image de une : création de Phil White, gagnant du concours organisé par Rock, Paper, Shotgun]
Le hold-up spectaculaire de Majestic Studios, les "créateurs" anglais du titre, provoque évidemment la stupéfaction dans le milieu gamer internaute, à tel point que le jeu (ou plutôt le méta-jeu) devient très vite l'étude minutieuse de toutes les photos d'écran et vidéos diffusées publiquement, devinette géante consistant à retrouver l'origine réelle du moindre bibelot. Le site Rock, Paper, Shotgun organise par ailleurs un concours hilarant consistant à injecter le héros de Limbo of the Lost dans les univers de jeu vidéo les plus improbables (mention spéciale au lecteur ayant choisi la classique aventure textuelle Zork I). Mais l'aspect le plus intéressant de cette affaire est probablement la relative facilité avec laquelle le titre a pu tromper son monde jusque-là. Il aura fallu en effet dix mois avant que la supercherie ne soit découverte, dix mois durant lesquels un test du jeu a été écrit sur le site Just Adventure (certes pas vraiment spécialisé gamer), test plutôt clément puisque Limbo of the Lost y avait récolté un 'B'. L'article est aujourd'hui précédé d'un addendum dans lequel l'auteur présente ses excuses – et change la note du test en un déjà beaucoup plus sévère 'F'. Même Tri Synergy, l'éditeur américain du titre, n'y a vu que du feu. Ce n'est qu'à l'apparition des comparaisons compromettantes sur Internet que la société s'est dite "toute aussi choquée que les joueurs" et a décidé l'abandon de la distribution du titre. "Nous n'avons eu connaissance de ces similitudes à aucun moment durant nos négociations avec Majestic Studios," s'est défendue la société.
Bien sûr, le phénomène a une explication simple : on a là affaire à des jeux de niche, distribués par des éditeurs de niche, quasi-invisibles pour la très grande majorité du public joueur et la presse spécialisée. D'où une question troublante : combien de titres se faufilant régulièrement sous les radars se rendent coupable de tels emprunts plus ou moins prononcés ? En ce qui concerne Limbo of the Lost, en revanche, une question est sur toutes les lèvres : comment l'équipe a-t-elle pu imaginer qu'un braquage d'une telle envergure puisse passer ? Certains visualisent une bande d'arnaqueurs ayant littéralement pris l'oseille avant de s'envoler vers une quelconque ile paradisiaque. Mais un article du journal local du comté de Kent, Angleterre (d'où est originaire l'équipe) offre un tout autre spectacle. Sur la photo, pas de jeunes loups aux dents longues mais des "copains de bistrot" la quarantaine plus qu'avancée réalisant enfin un vieux rêve ; le développement du titre avait en effet démarré au début des années 90 sur Atari ST, puis Amiga, avant d'être abandonné, ces deux marchés s'étant écroulés prématurément. Ce fiasco regrettable serait-il à mettre sur le compte de la naïveté, d'un désir honnête de tenir une promesse faite il y a plus de quinze ans, quitte à utiliser les moyens du bord ? Le trio, en tout cas, faisait preuve d'un optimisme touchant. "Notre espoir, si tout se passe bien côté ventes, est de pouvoir quitter nos boulots et de passer à plein temps au développement de jeux vidéo d'ici un an," projetait déjà l'un d'entre eux.
[Image de une : création de Phil White, gagnant du concours organisé par Rock, Paper, Shotgun]
|
01.07.2009
30.06.2009
29.06.2009
25.06.2009
24.06.2009
23.06.2009
22.06.2009
19.06.2009
19.06.2009
16.06.2009
|













Lire ou participer